Bloavezh mat, feliz ano nuevo, bonne année 2013 !

Les membres du conseil d’administration de l’association Pain et Tendresse-Colombie vous présentent leurs meilleurs voeux pour l’année 2013 .
Vous pourrez lire,  le bulletin d’information commun aux associations “Chemin d’espoir”,de Vertou, “Pour Qu’ils Vivent”, de Paris et “PTC” de Caudan.
Ce bulletin, rédigé par nos amis de “PQV”, relate le voyage de Syvie Benda, en Colombie et Pérou, en Octobre dernier.
Malgré les difficultés économiques liées aux écarts de changes entre Euros/Dollars/Pesos, à la progression des coûts des produits alimentaires, au respect des conditions sanitaires, sociales et salariales, l’OICN parviendra à maintenir en fonction tous les centres nutritionnels .
Pain et TendresseColombie apportera son énergie, dans cette lutte contre la malnutrition des enfants, en faisant évoluer sa participation mensuelle  à partir de janvier 2013, décision qui aggravera, à terme, notre déficit associatif auquel nous saurons, ensemble, répondre par nos actions et notre engagement pour construire un monde meilleur.

Nous vous invitons à débattre de ces évolutions et à réfléchir aux projets de PTC, lors de la prochaine Assemblée Générale ordinaire, le Vendredi 15 Février 2013, à 17h00, espace Rostand, à Caudan. Nous comptons sur votre présence.
Bloavezh mat, feliz ano nuevo, bonne année à tous !

Impressions de Colombie (séjour du 9 au 24 octobre 2012)

Mon premier étonnement en arrivant á Bogota a été de trouver une circulation quasi-fluide. J’en ai eu l’explication en apprenant que le Gouvernement avait décrété une semaine de vacances scolaires y compris pour les étudiants (mais pas pour les jardins infantiles). Par ailleurs, le Transmillenio, sorte de métro-bus s’est beaucoup développé et dessert davantage de quartiers; son prix n’a pas augmenté par rapport á l’an dernier (1700 pesos) et a même sensiblement baissé aux heures creuses (1400 pesos); par contre le prix des bus ordinaires privés marque une légère hausse (1450 pesos contre 1400 en 2011); on paye au trajet, plusieurs fois si l’on doit changer de bus, et il n’y a ni carnets de tickets ni abonnements. Sachant qu’1 euro vaut 2220 pesos au cours actuel, on voit que les transports sont une lourde charge pour les gens vivant dans les quartiers défavorisés, plutôt éloignés, et qui n’obtiennent que de petits boulots quand ils en obtiennent.

Ce qui m’a frappé par la suite, quand j’ai eu l’occasion de me promener pendant le week- end , c’est l’extension faramineuse de la construction: grands immeubles en particulier au nord de Bogota et bidonvilles au sud et surtout dans la montagne qui borde Bogota du Nord au Sud, occasionnant un déboisement intensif.

Avec tout cela, l’insécurité ne peut guère régresser: Glery en a fait une fois de plus l’expérience; le bus dans lequel elle se trouvait il y a quelques semaines a fait l’objet d’un braquage au pistolet afin de récupérer portables et argent. Quand elle ne perd pas son portable, on le lui vole! Toutefois, l’insécurité n’est pas toujours le fait des voleurs, mais aussi des policiers qui tirent un peu á tors et á travers sur les voleurs ou sur les manifestants (avec du plomb) pour les disperser, ce qui fut le cas quand je descendais du bus avec Martha au Centre Ville pour acheter quelques jouets pour récompenser les enfants á la fête de la lecture.

Quant au temps, il est extrêmement instable: frais la nuit, beau le matin, et des averses torrentielles de pluie, voire même de grêle, dans l’aprés midi, souvent relativement localisées, mais causant de gros dégâts dans les bidonvilles concernés.

En fait, cela ne s’est pas amélioré au cours de mon séjour, de telle sorte que le 18 octobre, Martha et moi arrivâmes à Cazùca crottées jusqu’aux chevilles. A midi et demi un gros orage a éclaté et la rue principale s’est transformée en torrent dévastateur, charriant une multitude d’objets hétéroclites. Jasmine, la professeure de Camino Viejo n’a pas pu repartir malgré les bottes fournies par Martha à tous les professeurs et cuisinières des centres de Cazuca, de même qu’un des enfants que sa mère n’était pas venue chercher à temps. Quant aux enfants de l’après midi, los pequeños Traviesos, seuls 7 d’entre eux sur 33 inscrits ont pu braver les éléments pour parvenir jusqu’à la Casita à l’heure normale (13 heures) parce qu’ils habitaient du même côté du trottoir qui borde la Casita. Adriana, une des 2 éducatrices, a pu nous rejoindre pour les mêmes raisons, mais Angie, l’autre éducatrice, et Gloria, la cuisinière, ont dû rebrousser chemin, ne pouvant s’aventurer dans le torrent. C’est seulement vers 14 heures 30 qu’elles et 6 enfants supplémentaires ont pu parvenir jusqu’à nous grâce à leurs bottes. Mais la fête de la lecture programmée pour les enfants d’el Rocio qui doivent entrer en primaire au début de l’année prochaine était tombée à l’eau, c’est le cas de le dire! Elle est reportée à la veille de mon départ de Colombie.

A part le temps, nos centres, tant à Juan Rey qu’à Cazùca et à Santa Librada fonctionnent au mieux. Glery et Martha disposent d’équipes de professeures et cuisinières vraiment compétentes, dévouées et toujours gaies malgré les difficultés réelles de leur vie. Les locaux, quoique petits dans l’ensemble, sont plutôt fonctionnels et bien décorés; seuls manquent des cours de recréation. Les enfants sont pour la plupart vifs et attachants, peut-être un peu plus agités que les années passées; près de 125 enfants fréquentent les centres de Glery et autant ceux de Martha. Certains ont des histoires désolantes, d’autres moins, mais tous vivent dans un environnement difficile, dans des “maisons” plus que rudimentaires où la promiscuité règne en maître.

A Juan Rey, les choses sont maintenant bien rodées et le Ministére de l’Intégration Sociale s’est calmé. Fanny, Jenny et Nubia règnent toujours sur les classes du matin et de l’après-midi, renforcées par Yelitza, l’auxiliaire pédagogique qui a remplacé Mayerli partie suivre son mari. Elle avait déjá travaillé á mi-temps dans nos centres en 2010. Glery se partage désormais, et bien davantage qu’auparavant, entre les 3 classes du matin, plutôt réservées aux plus grands; elle insiste tout particulièrement sur la lecture. De plus, 2 stagiaires viennent accomplir leur formation pratique, l’une le matin et l’autre l’aprés-midi, dans les classes de Jenny. Enfin, pendant les vacances scolaires officielles, ce qui était le cas pendant la première semaine de mon séjour, un enfant du niveau équivalent au CM2, vient donner un coup de main le matin comme le prévoit le réglement de Bogota; le garcon que j’ai vu exercer dans nos centres était particulièrement serviable et efficace.

Nubia a hérité dans sa classe du matin d’un petit autiste de 5 ans qui ne communique avec personne, mais comprend tout et sait parfaitement lire, compter et additionner; la lecture constitue le seul moment oú il consent á ouvrir la bouche.

Enfin, nos centres de Juan Rey ont obtenu l’autorisation de faire profiter les enfants de la ludothèque très achalandée du Collège San Cayetano voisin. Cela constitue de temps á autres une bonne récréation car il y a plus d’espace.

Côté cuisine, 2 nouvelles cuisinières, Ivonne et Carmen, officient dans nos centres de Juan Rey. C’est d’ailleurs dans le domaine de l’alimentation que l’on note le plus grand changement. Les menus élaborés par une nutritionniste indiquée par Trino, le fils de Glery, médecin, qui a accepté de prendre officiellement la Direction des centres puisque l’Intégration Sociale refusait de reconnaitre Glery parce que sans diplôme, sont désormais suivis á la lettre. Il en résulte une nourriture beaucoup plus équilibrée, comportant des proportions non négligeables de viande, de poulet, d’oeufs ou de thon et surtout de légumes verts et de crudités, même si du riz accompagne toujours les repas bien sûr; ceux-ci se terminent comme auparavant par un verre de jus de fruits.

Mais il en résulte aussi une alimentation beaucoup plus coûteuse qui fait que les dépenses dépassent régulièrement les sommes envoyées en euros, même en tenant compte de la compensation que nous effectuons á cause de la faiblesse de l’euro par rapport au dollar, et donc au peso. C’est désormais Johanna, la femme de Trino, avocate, qui suit les comptes des centres de Juan Rey et qui nous les communiquera tous les mois.

La psychologue est, elle aussi beaucoup plus sérieuse que la précédente, et vient réguliérement aux centres pour voir les enfants posant probléme. Mais seulement ceci a un coût. Trino espére pouvoir éviter ce coût supplémentaire en 2013, disposant désormais de menus sur une année et Yelitza et Fanny ayant passé une unité de valeur de psychologie. Mais l’Intégration Sociale acceptera-t-elle cette solution ?

Comme chaque année j’ai assisté á la fête de la lecture, baptisée cette année fête de la culture, devant de nombreux parents puisqu’elle avait lieu un samedi après-midi. J’en ai profité pour faire un petit topo dans mon espagnol approximatif sur la situation économique et sociale de la France et sur les difficultés rencontrées par nos associations pour récolter de l’argent pour financer des jardins d’enfants en Colombie. Trois enfants (2 filles et un garcon) ont lu couramment (mais sans reciter, ni anonner) des textes élaborés par Glery. Puis 21 enfants de 5 á 6 ans ont écrit quelques lignes sous la dictée de Fanny, traduit quelques mots d’anglais en espagnol et effectué 3 ou 4 petites additions. Ils ont ensuite chanté en choeur et avec les mimiques appropriées Malbrough s’en va-t-en guerre (espagnolisé) sous la direction de Glery. Enfin une dizaine d’entre eux ont exécuté une petite saynette. Vinrent ensuite les réjouissances avec la remise á chacun des enfants d’un livre de contes et d’une peluche et la distribution d’un petit verre de riz au lait (offert par les parents), de friandises et de “gazeosa”. Pendant ce temps lá, après une matinée très chaude et ensoleillée, la pluie transformait les rues en ruisseaux (mais tout de même pas en torrents comme á Cazúca), charriant de la terre et des cailloux provenant des montagnes environnantes.

La fête s’est poursuivie le lundi car la Municipalité de Juan Rey avait programmé une semaine de fête de la culture indigène et il était prévu que les jardins d’enfants défilent dans les rues, plus ou moins déguisés en indigènes. Cela m’a donné l’occasion de visiter un jardín d’enfants de l’Intégration sociale. S’il était bien propre et bien carrelé, il ne répondait pas vraiment aux normes que l’Intégration Sociale exige de nos centres. Les pièces qui accueillent les 51 enfants de ce centre sont absolument minuscules: les plus petits sont en bas, les moyens et les grands en haut auquel on accède par un escalier étroit, ce qui est selon ce que nous avait dit l’Intégration formellement interdit; les WC ne sont pas séparés et il n’y a pas d’urinoirs alors que nous avons été obligés d’en installer dans nos 2 locaux. Enfin, ce jardín n’a pas de licence de construction alors que l’Intégration sociale, en juin dernier, voulait que l’on ferme le local oú officient Fanny et Glery, et que nous avions construit il y a quelques années, sous ce prétexte. En fait, aucun bâtiment n’a de licence de construction á Juan Rey. Heureusement que nous avions refusé d’obtempérer car l’Intégration sociale n’en parle plus. Par ailleurs, dans ce centre, en dehors de jouets, je n’ai vu aucun livre et aucun matériel d’éveil; cela m’a paru être plus une garderie qu’une école maternelle.

Une nouvelle visite de l’Intégration sociale est prévue dans nos centres avant le 27 octobre. Espérons que nous n’aurons pas de mauvaise surprise!

A Cázuca, le quartier le plus défavorisé que je connaisse, oú vit une population le plus souvent déplacée á cause de la guerilla, des paramilitaires ou des narco-traficants, nos centres accueillent plus de 90 enfants dans 2 locaux voisins, 2 séries le matin et 1 l’après-midi; il n’existe plus aucune autre structure d’accueil dans ce quartier, á l’exception d’une petite ONG qui sert un repas aux enfants du Primaire et Secondaire aprés leur longue route á pied pour revenir du collége situé de l’autre côté de la montagne qui surplombe et menace Cázuca. C’est tout naturellement á Cázuca que l’on rencontre le plus d’enfants aux histoires terribles. Curieusement cette année, et contrairement á l’habitude, plusieurs d’entre eux ont été abandonnés par leur mére et sont élevés par leur pére ou par leur grand mére quand celui-ci est en prison.

A Camino Viejo, Jasmine, la professeure et Nubia, la cuisiniére accueillent á partir de 7 h et quart 29 enfants de 2 ans et demi á 4 ans ; á 8 h tous doivent être lá. Ils commencent par se réchauffer les mains en manipulant de la plastiline ; ensuite ils entonnent tous en chœur des chansons, écoutent un conte lu et mimé par Jasmine, avant d’avaler leur petit déjeuner, constitué ce jour par une tasse de chocolat et un croissant. Après le petit déjeuner, c’est l’heure des activités manuelles : avec leur crayon, ils doivent rejoindre des points prédéterminés, puis colorier les figures réalisées ; les plus petits se contentent d’étaler de la plastiline sur des dessins tout faits.

Pendant ce temps, á El Rocio, dans le local voisin, les 29 enfants présents ce jour sur 32 inscrits de 4 á 6 ans écrivent soit des lettres, soit des mots, soit des chiffres dans leurs cahiers ou lisent avec Martha. Après avoir fait un peu d’anglais en chantant et pratiqué de la gymnastique avec Dorelly, ils prennent aussi leur petit déjeuner préparé par Blanca. Onze, âgés de 5 á 6 ans vont entrer en primaire au début de l’année 2013. Tous savent lire, plus ou moins couramment, écrire et compter ; d’autres plus jeunes le savent aussi, mais ils doivent attendre l’année de leur 6 ans.

A Camino viejo, c’est la récréation; chacun est allé choisir son jouet préféré dans la piéce réservée á cet effet et c’est le défoulement total dans un brouhaha infernal. Jasmine, impassible, prépare les cahiers pour le travail á faire l’après-midi á la maison. Ensuite, chacun regagne sa place et doit reconnaître des animaux ou des objets usuels á partir de cartes de loto ou réaliser des puzzles plus ou moins complexes. Quelques uns, comme partout, ne veulent pas jouer collectifs et gardent toutes les piéces pour eux. D’autres, surtout des filles, feuillettent des livres d’images.

A El Rocio, c’est au tour des enfants de réaliser des figurines avec la plastiline, puis de passer au tableau écrire une phrase sous la dictée de Dorelly ou de Martha. A 11 heures et quart intervient la cérémonie du lavage des mains, puis on chante en chœur « las vocales » (les voyelles) ou autres comptines et enfin on met les mains derriére le dos en attendant que le déjeuner soit servi á tout le monde. Ce jour, le menu comportait une soupe bien épaisse avec des haricots verts, des petits pois, des carottes, de la courgette, des épinards, de la pomme de terre et des filaments de poulet, avec pour dessert une demi-banane. La matinée se termine par le lavage des dents et l’on attend que quelqu’un vienne vous chercher en échange du badge remis le matin.

L’après-midi, on fêtait la lecture malgré la pluie coutumiére, certes un peu moins forte que la fois précédente, pour les 11 enfants d’El Rocio entrant en primaire, en présence de leurs parents très fiers. Un spectacle de danse avait été préparé par les enfants de l’après midi, los Pequeños Traviesos (31 présents sur 33 inscrits), avec l’aide d’Adriana et d’Angie, les animatrices. Après la remise de récompenses pour les onze enfants d’El Rocio et de sucettes pour tous, un dîner a été servi, comme d’habitude vers 3 h et demie, par Gloria la cuisiniére des Pequeños Traviesos.

A Santa Librada, quartier du Danube bleu (faut le faire !), siége du centre Teresa Riotto, on note peu de changement á l’exception de la peinture des murs. Lucero est revenue le 1er octobre après sa longue absence liée á son accident (une veine sectionnée suite au jet d’une pierre par une voiture) et á une maladie nosocomiale. Elle n’est pas encore tout á fait remise et souffre de vertige. Toujours aussi vive et dynamique, elle charme toujours autant les 28 enfants de ce quartier pourri par le trafic de drogue. Nelly , la cuisiniére, se charge chaque jour des achats de produits frais en n’hésitant pas á marchander avec les vendeurs, et confectionne des repas bons et équilibrés. Le vendredi, les enfants ont le droit d’apporter un jouet personnel avec le quel ils jouent jusqu’á l’heure du petit déjeuner. Tout naturellement, les filles aménent des poupées ou des ours en peluche et les garcons des petites voitures.

Dans ce centre était organisé pour la première fois une fête de la lecture renforcée par l’anniversaire de Natalia qui arborait pour la circonstance un anorak bleu turquoise tout neuf et ses plus beaux habits et chaussures.

Téléchargez la lettre de Décembre 2010

Chers amis, voici un an que nous ne vous avons pas donné de nouvelles de nos amis Colombiens.  Cette année a été marquée par la visite de Daniel François qui a constaté que la tâche des responsables de centres est difficile en raison des exigences du Bienestar Social dont nous vous avons déjà parlé. Il semble s’être un peu calmé dans la ville de Bogota où il a tourmenté Glery et sa fille médecin mais son contrôle pourrait s’étendre avant longtemps aux centres de Martha, sans qu’il lui apporte pour autant la moindre aide.

Pour lire la suite, téléchargez ici la dernière lettre :
Lettre de Décembre 2010

Lire la dernière édition de la Lettre de Pain et Tendresse Colombie

Pour lire la lettre directement dans votre navigateur : Lettre n°3

Un nouveau centre à Cazuca

Beaucoup de nouveau à Cazuca, ce quartier situé aux portes de Bogota, où pollution, racket et assassinat viennent s’ajouter à la misère. On sait que Pour Qu’ils Vivent y participe au financement d’un centre, El Rocio.
Malgré la situation difficile du “barrio” (voir ci-contre), les deux centres OICN de Cazuca ont trouvé un compagnon : de deux ils sont passés à trois… et les trois associations qui soutiennent ces centres sont devenues quatre. En effet, Chemin de l’Espoir, Nord-Sud Partage et Pour Qu’ils Vivent ont été rejointes par Pain et Tendresse Colombie.

Et une association de plus avec le “groupe Martha”

Elle s’appelait l’année dernière Pain et Tendresse Chili et soutenait dans ce pays le travail de Fresia Rojas (que nous avons vue à Paris en 2001 et en 2006) : un centre d’une cinquantaine d’enfants dans la ville ouvrière de Los Andes. Mais Fresia est maintenant en retraite et ce sont deux associations chiliennes qui ont pris le relais, d’ailleurs suscitées par “PTC”. Et cette association, basée à Caudan, dans la banlieue de Lorient, peut désormais participer au financement du groupe dirigé par notre amie Martha.

Une nouvelle organisation

Il y avait, tout à côté du centre El Rocio, une  petite maison où une fondation de femmes médecins finançait l’accueil d’une cinquantaine d’enfants. Pour des raisons qui n’ont pas été dites (mais on parle de menaces de mort), cette fondation a jeté l’éponge. Et la petite maison, la “casita”, comme l’appelle Martha, s’est trouvée libre. Martha en a parlé à Sylvie lors du voyage de celle-ci en octobre. C’était une occasion à saisir : un nouveau local s’offrait.

C’est peu de temps après qu’a eu lieu l’arrivée de PTC. Ainsi l’organisation du groupe est-elle maintenant la suivante:
D’abord le centre Camino Viejo (celui de Chemin de l’Espoir) a déménagé avec responsable et cuisinière; il fonctionne maintenant dans la “casita”, le matin évidemment.

Sa responsable est Paola, la responsable en titre, Diana, ayant eu un enfant et n’ayant pas trouvé à le faire garder. 28 enfants sont inscrits là. Ce sont toujours les plus jeunes, les plus âgés venant à El Rocio.

La vie au centre

L’après midi, à partir de 13 heures, s’ouvre le nouveau centre, financé par Pain et Tendresse. Il recevait le 15 mars 31 enfants de tous âges. Martha l’a conçu comme une ludothèque-bibliothèque : on y propose des jeux et du soutien scolaire; un repas y est servi vers 15 h 30, un vrai repas, chose tout à fait possible selon Martha.
Cette nouveauté semble susciter de l’intérêt dans le quartier. Des femmes viennent poser des questions. Un homme s’est entretenu longuement avec Martha, lui suggérant de faire venir une psychologue pour les enfants difficiles (dont les siens).

Martha pense donc à tout ce que l’on pourrait faire pour utiliser à plein les possibilités du local : il y a là, outre la pièce centrale, un bureau (où se fait déjà le soutien scolaire), une pièce avec trois ordinateurs (un ami de Martha en a remis deux en marche), une pièce où sont rangés jeux et jouets (il y en a beaucoup !), et encore une autre petite pièce où l’on ne fait rien pour le moment, sinon de temps en temps une lecture. Porte ouverte à l’imagination. Nous tentons ici une expérience. Il faudra la contrôler, la développer.